ZOOppression

Atlas critique des politiques ordinaires du vivant. 

Nous faisons partie de ce monde animal.
Même si l’on croit parfois pouvoir s’en extirper, avec culture et sens du rythme.

Doit-on alors tout se pardonner ?
Ou, au contraire, n’avons-nous plus aucune excuse ?

Zooppression explore nos relations ordinaires aux autres animaux à travers des scènes du quotidien : vitres, voitures, barrières, laisses, pièges, espaces urbains.

Comme dans Land Art? et Les mots ne font pas le discours, le projet montre comment les dispositifs matériels — ici seuils, cadres et infrastructures — transforment notre lecture du monde vivant.

Cette série photographique ne cherche pas à montrer la domination humaine dans ses formes les plus spectaculaires. Elle s’intéresse à ce qui la rend ordinaire, presque invisible : les dispositifs matériels qui organisent silencieusement la présence des autres animaux dans nos espaces de vie, de circulation, de production ou de loisirs.

À partir de scènes banales, le regard se déplace vers ces seuils qui distribuent les places et les rôles : une vitre, une portière, une laisse, une clôture, un piège, une plage balisée, un rideau métallique, un dispositif d’écopâturage, une infrastructure urbaine. Ces objets paraissent anodins. Pourtant, ils décident de ce qui peut circuler, être vu, approché, contenu, déplacé ou capturé.

Le titre, en contractant zoo et oppression, invite à considérer le zoo non comme une institution circonscrite mais comme une forme diffuse d’organisation du vivant. Le zoo cesse d’être un lieu ; il devient un modèle. La voiture, la ville, le parc, le littoral ou l’exploitation agricole participent alors d’une même logique : produire des régimes de visibilité, de séparation et de contrôle.

Je photographie moins les animaux que les infrastructures de leur apparition. Les corps sont présents, mais ce qui m’intéresse est le réseau de cadres, de seuils et de dispositifs qui conditionne leur existence dans notre champ de vision. La photographie devient ainsi moins un témoignage qu’un outil d’observation des architectures ordinaires du pouvoir.

L’humain, lui, disparaît presque entièrement. Il subsiste sous forme de traces, d’aménagements, d’objets, de protocoles ou d’usages. Cette absence n’est pas un effacement ; elle est au contraire la manifestation la plus évidente de son emprise. Tout est organisé, mais presque personne n’est visible.

Ce choix répond également à une question de réception. En l’absence d’un responsable identifiable, le spectateur ne peut se réfugier dans la condamnation d’un autre. Aucune figure coupable ne vient absorber la violence du dispositif. Le regard revient inévitablement vers celui qui regarde, vers ses propres habitudes de cohabitation, de protection, de gestion, d’exploitation ou d’appropriation du vivant.

Le projet dialogue naturellement avec Is This Land Art?, où les paysages deviennent les archives matérielles de notre anthropisation, et avec Les mots ne font pas le discours, où les supports transforment les énoncés qu’ils portent. Dans les trois cas, les sujets importent moins que les dispositifs qui organisent leur apparition et notre manière de les interpréter.

Cette série interroge moins les animaux que notre façon d’habiter le monde avec eux. Elle cherche ce moment où le regard bascule, lorsque l’ordinaire cesse d’être transparent et que les seuils, les objets et les cadres révèlent soudain les politiques discrètes qui organisent le vivant.

Cette série est disponible en version accrochage de 24 tirages pour expositions dans vos espaces, en particulier lorsqu’elle vient dialoguer avec une action, un projet, une réflexion ou un événement en lien avec les questions qu’elle traverse.