INTERDIT DE DEPOSER DES GRAVATS, génèse d’un projet photo

Un photographe montre généralement uniquement un travail fini. Pour ma part je partage la démarche qui m’a amené à l’élaboration de cette série qui interroge la place de l’Homme dans le paysage. Ceci pour le plaisir de provoquer l’échange, ce qui sera un des principes de ce blog. Votre regard, vos questions et vos éventuels commentaires participeront aussi à l’évolution de ce projet en cours.

Monte Amiata, Italie, 2014.

Promeneur régulier, j’avais commencé à collectionner des photos de déchets ou d’objets laissés dans la nature, attristé par l’attitude désinvolte, voire irrespectueuse, des utilisateurs ou visiteurs des lieux.

L’œil, malheureusement guidé par l’habitude, glissera finalement assez vite sur de simples images de déchets. Il me fallait donc proposer un choix esthétique pour attirer le regard. J’ai cherché du coté des couleurs ou de l’aspect des détritus en question, comme ci-dessous.

Ces séries d’images ont sans doute pour intérêt de provoquer la discussion mais n’apportent pas de plus-value réelle à la question. On sait qu’il y a des déchets dans la nature, on sait que ce n’est pas bien.

Tout en continuant à chercher à accumuler ces séries, j’ai aussi décidé d’utiliser des cadrages plus large, de photographier ces déchets dans leurs espaces pour montrer à quel point ils les dégradent. Toujours en cherchant à ce que les photos soient assez intéressantes pour qu’on les regarde.

Même si cela est bien plus parlant (et encore ?), je reste insatisfait. C’est triste, c’est presque toujours laid, c’est révoltant, mais personne ne s’identifie vraiment à ce spectacle.

Se sont toujours les autres qui sont coupables.

La cible est finalement la question de notre rapport à la nature, de notre place dans le paysage, ce que nous nous y permettons. Tout le monde est concerné par cette question. Chacun est responsable quotidiennement. Comment le faire comprendre ?

C’est du spectacle ci-dessous qu’est venu la réponse. Cette photo d’un joli paysage, juste gâché par un panneau qui appelle à le respecter. Il faut de beaux paysages naturels, pas forcément spectaculaires. Au contraire, parfois banals, accessibles, mais presque immaculés. Juste avec une petite trace de nous.

Le Roche des Arnauds, 2018

Cette photo fera le titre de l’exposition.

J’ai trouvé par hasard des images de ma collection personnelle qui convenaient déjà. Je continue la collecte en espérant en avoir assez de bonne qualité pour envisager d’en faire un ouvrage.

A I Lofoten, Norvège, 2016

Cette série a fait partie de la sélection de Strasbourg Art Photography en mars 2020.

Le portfolio en cours est visible ici.

Merci d’avoir lu jusqu’ici. J’attends vos réactions et commentaires avec impatience.

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